Le judo-club de Morières-lès-Avignon (Vaucluse) a installé deux boîtes aux lettres dans ses vestiaires. En partenariat avec l'association Les papillons, elles permettront aux enfants du club de déposer des mots pour dénoncer les violences ou le harcèlement dont ils peuvent être victimes.
C'est une première dans le Vaucluse. Des boîtes aux lettres pour libérer, recueillir la parole des enfants. Le judo club de Morières-lès-Avignon en a installé deux dans les vestiaires du dojo, en avril 2026. Ces boîtes ont été fournies par l'association Les papillons, qui agit pour justement permettre aux enfants de parler des violences, souvent tues, qu'ils subissent.
Les judokas, âgés de 6 à 15 ans pourront y déposer un mot ou un dessin avec leur prénom pour dénoncer des violences physiques, sexuelles ou morales, ou du harcèlement.
"Il faut en parler"
Les petits judokas sont très au fait de ce qui est interdit ou non. "C'est logique de pas taper, de ne pas pousser ou faire mal ou de ne pas toucher les parties intimes", amorce Sybille, huit ans. Mais parler avec les enfants du silence, c'est plus difficile : quand on ne sait pas comment se sentir, ou vers qui se tourner si on a été victime de violences ou de harcèlement. "Si jamais ce sont des choses qui vous embarrassent, il faut en parler : vous pouvez écrire ou utiliser le dessin", explique l'entraîneur du club Frédéric Dallon.
Les deux boîtes aux lettres installées dans les vestiaires, relevées deux fois par semaine, "sont là pour ça", poursuit le coach. Pour Maxime, âgé de huit ans, qui a besoin de parler du harcèlement qu'il subit à l'école. "Ils me tapent ou me prennent pour un punching-ball, je n'en ai pas parlé parce que j'avais peur qu'on me dise que c'est à moi de régler le problème", témoigne l'enfant.
Les lettres sont lues par des psychologues
Les lettres sont ensuite envoyées, par un lien crypté, à des psychologues en lien avec l'association Les Papillons, spécialisée dans le recueil de la parole des enfants. "Ils vont pouvoir analyser et nous faire remonter ce sur quoi on peut commencer à agir, et si c'est plus grave ça peut être transmis à la gendarmerie ou au procureur", complète le coach, Frédéric Dallon.
Selon l'entraîneur, il est indispensable de créer des espaces au sein des clubs sportifs pour recueillir la parole des enfants. "Ils sont dans un lieu où ils ont confiance, un lieu neutre entre l'école et la maison : une fois que les enfants sont sur le tapis, les parents ne rentrent pas, donc les enfants ont tout le temps pour déposer des mots s'ils ont besoin", poursuit-il.
Au total, 70 enfants auront accès à la boîte aux lettres. Le judo-club de l'Isles-sur-Sorgue rejoindra le dispositif d'ici 2027.
source © Radio France - Robin Schmidt
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